Le sulky à brancards articulés Djet : principe et limites

Le sulky à brancards articulés du Djet mise sur une charnière entre le cheval et le châssis, un principe que son inventeur documente sans mesure indépendante.

Pourquoi rendre les brancards articulés ?

Sur un sulky classique, les brancards forment un ensemble rigide entre le cheval et le châssis. Le sulky à brancards articulés du Djet introduit au contraire une charnière à cette jonction, pour que le cheval puisse s'incliner en virage et que le châssis ne suive qu'avec retard.

Le trot attelé maintient le cheval à une allure réglée tout en le reliant en permanence au sulky par le harnais et les brancards. Sur un châssis rigide, l'inclinaison du cheval dans une courbe et ses oscillations verticales se répercutent jusqu'au siège, et les appuis du driver reviennent en sens inverse vers le dos de l'animal. Le principe défendu par Claude Flores, concepteur du matériel en Isère, consiste à désolidariser en partie ces deux ensembles. Les brancards restent liés au harnais, mais leur raccord au pont autorise un débattement : le cheval peut se coucher dans le virage sans que le châssis le contrarie, et une part des à-coups n'atteint plus le pilote. L'amplitude réelle de ce débattement et son effet chiffré sur la conduite ne sont pas précisés publiquement, et rien n'en fixe la valeur à ce stade.

Le principe mécanique du sulky Djet

La pièce déterminante est l'articulation placée à la jonction des brancards et du pont. Elle travaille pour l'essentiel dans le plan vertical et en rotation, de manière à accompagner le mouvement du cheval plutôt qu'à le contenir. Le site de l'inventeur présente par ailleurs un travail distinct sur la rotation des roues, sous la forme d'un roulement à billes qu'il désigne comme une turbine et qu'il rattache à une distinction obtenue au concours Lépine ; ce développement ne se confond pas avec les brancards articulés et n'en est pas au même stade de diffusion. Sur le Djet proprement dit, deux états du matériel ont coexisté : une première monture, puis une évolution présentée comme plus aboutie sous le nom de version 2. Les matériaux employés et les cotes précises du châssis ne sont pas documentés en accès libre, ce qui limite toute comparaison avec un sulky courant.

Ce que l'inventeur met en avant

Sur son site, Claude Flores insiste sur trois effets attendus. Le premier est un moindre effet de contrainte au niveau du harnais, le cheval étant présenté comme libre de ses mouvements. Le deuxième est un confort de conduite, l'articulation absorbant une partie des mouvements du trotteur avant qu'ils n'atteignent le siège. Le troisième tient à des résultats en course, avancés comme des signes d'adoption par le milieu : des victoires à Cagnes-sur-Mer, où le sulky aurait été mené par un lad devant des professionnels, et à La Clayette, ainsi que des places à Parilly. Plusieurs drivers, parmi lesquels Alain Roussel et Jean-Paul Gauvin, l'auraient essayé. Aucun de ces éléments ne constitue une mesure comparée : ils décrivent une impression d'usage et un palmarès, pas l'effet propre du matériel.

Les points mis en avant par l'inventeur se résument ainsi :

  • une charnière aux brancards qui suit l'inclinaison du cheval en virage ;
  • une absorption d'une partie des mouvements verticaux avant le siège du driver ;
  • un cheval décrit comme moins bridé par le harnais ;
  • des retours de drivers et des victoires citées en référence.

Les limites et les inconnues

Trois zones d'ombre demeurent. La première est métrologique : aucune mesure indépendante de traînée aérodynamique ou de rendement n'a été publiée, et une victoire en course ne l'isole pas, tant le terrain, le cheval et le driver pèsent sur un résultat. La deuxième porte sur le protocole : les retours disponibles sont des impressions de conduite, sans banc d'essai ni sortie instrumentée décrite. La troisième concerne l'homologation. L'annexe IV du Code des courses au trot mentionne un modèle Flores Djet présenté le 1er mars 2008 et un Flores Alpha au 26 novembre 2009, quand le site évoque une version 2 homologuée en mai 2017 à Vincennes. Le périmètre exact, entraînement ou course, se vérifie auprès du LeTrot et ne se déduit pas de ces dates.

Une précision de position s'impose : le Djet est l'invention d'un éditeur du site polydess.fr, et la présente page le documente sans l'avoir conçu ni le vendre. Aucune contrepartie, prêt de matériel ou invitation, n'accompagne cet article. Sur le fond, le sulky à brancards articulés reste un principe défendable, qui répond à un vrai problème mécanique du trot attelé, mais qui attend encore sa vérification par un tiers. Ce qui manque n'est pas un témoignage supplémentaire : c'est une mesure conduite hors de l'atelier, sur banc ou en sortie instrumentée, avec un protocole publié. Tant qu'elle fait défaut, les gains annoncés restent au conditionnel, et l'intérêt de l'articulation se juge cheval par cheval.

Sources : Sulky Djet, présentation de l'inventeur, LeTrot, sur le principe du banc d'essai


présentation du sulky Djet à Vincennes
Présentation du sulky Djet à Vincennes