Homologation d'un sulky de course : la procédure du LeTrot

Réservée aux modèles agréés par une commission de la SETF, l'homologation d'un sulky de course encadre les brancards, l'immatriculation et les garde-boue.

L'agrément d'un modèle par une commission de la SETF

L'homologation d'un sulky de course dépend d'une commission constituée au sein de la Société d'encouragement à l'élevage du cheval français, la SETF. L'article 73 du Code des courses au trot, dans sa version publiée au Bulletin de la SETF numéro 34 bis du 21 août 2025, pose le principe : seul l'usage d'un sulky dont le modèle a été agréé par cette commission est autorisé en course. Les fabricants présentent leur matériel, la commission l'examine, puis la liste des modèles retenus paraît au Bulletin au fur et à mesure des décisions. Le texte précise que la commission n'encourt aucune responsabilité du fait de cet agrément, celle-ci incombant au fabricant ou à l'utilisateur. La même exigence vaut pour les séances d'échauffement sur l'hippodrome, ouvertes aux seuls modèles agréés ou à un sulky de mêmes caractéristiques.

Les caractéristiques imposées au matériel de trot

Le détail des exigences figure à l'annexe IV du Code des courses au trot. Les brancards doivent rester en bois depuis leur extrémité jusqu'au raccordement du pont, un fourreau métallique de trente centimètres au maximum étant seul toléré ; la fibre de carbone n'est admise que pour les modèles expressément agréés comme tels. Le châssis lui-même doit empêcher qu'un cheval engage un antérieur dans un vide : une protection est posée entre le sommet de la fourche et la roue, et l'espace situé de part et d'autre du siège, entre l'arceau arrière et le pont, doit être comblé. Les roues portent des flasques protège-rayons, et les constructeurs sont invités à fournir des tests de solidité et de rigidité. Sous leur apparence technique, ces règles visent d'abord la sécurité du cheval et du driver pendant la course.

Plusieurs obligations datées ou chiffrées complètent ces principes :

  • brancards en fibre de carbone tolérés pour les seuls modèles agréés comme tels depuis le 1er juillet 1999 ;
  • immatriculation indélébile sur le côté droit du pont depuis le 1er janvier 1989, avec marque, modèle, millésime et numéro de série ;
  • lanière de sécurité obligatoire sur tout harnais à attache rapide de type Quick Hitch, sans quoi le sulky ne peut être utilisé ;
  • garde-boue agréé imposé en cas d'intempéries, l'entraîneur qui ne peut en équiper son sulky s'exposant à une amende de 150 euros ;
  • étriers du sulky chaussés par le driver du départ à l'arrivée de la course.

Des modèles agréés au fil des présentations

L'annexe IV recense plusieurs dizaines de modèles, du sulky tout bois des années 1980 aux châssis composites récents. Les entrées de 2024 traduisent deux mouvements : l'installation de nouveaux fabricants sur le créneau du carbone et la diffusion du sulky dit américain, au siège reculé et à la voie élargie, dont un modèle finlandais a été présenté en janvier 2024. D'après le LeTrot, ce dernier constitue le 117e modèle homologué en France ; son écartement de traces atteint 135 centimètres, celui des brancards au niveau des cale-pieds 105 centimètres au maximum, et son emploi reste lié au départ à l'autostart. Le sulky DJet, conçu en Isère par Claude Flores, figure lui aussi dans cette annexe.

Quelques entrées récentes de l'annexe IV, comparées à deux modèles Flores plus anciens :

FabricantModèlePrésenté le
ARTTAero et Delta9 avril 2024
Finn-Tack (Finlande)Yankee, type américainjanvier 2024
Custom (Finlande)Chrono i et MC i29 novembre 2024
Flores (Isère)Flores Djet1er mars 2008
Flores (Isère)Flores Alpha26 novembre 2009

Les dates de cette colonne renvoient à la présentation du matériel devant la commission, et non à un classement de performance. Pour le D-Jet, l'annexe mentionne un modèle Flores Djet présenté le 1er mars 2008 et un Flores Alpha au 26 novembre 2009, quand le site de l'inventeur évoque de son côté une version 2 homologuée en mai 2017 à Vincennes. Les deux références ne se recoupent pas telles quelles : le statut exact, et notamment la distinction entre entraînement et course, se vérifie auprès du LeTrot plutôt qu'il ne se déduit d'une liste. La seule référence opposable reste celle publiée au Bulletin de la SETF, révisée à chaque décision.

Ce que l'agrément ne garantit pas

L'agrément vise un modèle, pas l'exemplaire attelé un jour de course. L'article 73 confie aux commissaires le contrôle de l'état du matériel, et impose que l'ensemble du sulky et du harnachement soit propre et en bon état ; un sulky homologué peut donc être écarté sur place. La distinction compte aussi entre les usages : un matériel admis à l'échauffement n'est pas forcément autorisé en compétition. Enfin, la liste n'a rien de figé. Les présentations de 2024 rappellent qu'un type de sulky peut rester longtemps marginal avant de se répandre, ce qui obligera la commission à se prononcer régulièrement sur des matériels nouveaux.

le sulky présenté lors de l'homologation à Vincennes
Le sulky présenté lors de l'homologation à Vincennes